Brèves de la rédaction

La polémique engendré par une phrase du discours de Mélenchon est encore l'exemple de cette schizophrénie française à l'égard de sa propre histoire.

Sans prétendre faire œuvre d'historien, tout au long de ma scolarité, on a mis en avant le courage et le sacrifice de tous ces résistants français qui, à un moment ou à un autre, se sont dressés contre l'Occupant allemand.

Ils étaient mineurs, cheminots, étudiants ou issus de la fonction publique. Ils ont entamé très tôt des actes de résistance, en ralentissant les procédures, en sabotant les chemins de fer, en faisant grèves dans les mines du Nord. Ces femmes et ces hommes ont individuellement, puis par réseaux, entamé cette résistance.

Alors que les dirigeants de l'Etat Français, les dirigeants économiques se pliaient aux exigences de l'Allemagne Nazie, ce sont ces résistants qui ont entamé la lutte contre l'Allemagne Nazie.

Quand il s'agit de mettre en avant la Résistance, l’historiographie française n'a eu de cesse de souligner l'importance de ces actes.

Mais ce n'est qu'à partir de novembre 1942, avec la création du MUR, que les différents réseaux de Résistance vont commencer à s'organiser sous l'impulsion de Jean Moulin. Puis en 1943, la création du CNR va amplifier le rôle de la Résistance Intérieure.

Donc avant même d'être organisée, structurée, c'est bien la rue qui a entamé cette résistance. Ce sont ces individus, isolément ou par petit groupe, qui ont été à l'origine des premiers actes de résistance.

Je n'ai aucun de mes ancêtres qui a pris part à ce combat contrairement à certaines de mes connaissances, mais je me dois d'honorer la mémoire de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui, si modestement soit-il, ont pris part aux prémices de la Résistance. Ils auraient pu être mes voisins, mon facteur, mon beau-frère cheminot.

Ils étaient dans la rue, et non dans les salons dorés de l'Assemblée et des Ministères.

Certains y ont perdu la vie, d'autres des proches, mais tous ont accepté ces sacrifices au nom d'une cause qui les dépassait: la France.

Ils étaient issus de la rue, du petit peuple de ceux qui à un moment de leur vie ont osé dire NON.

Alors ceux qui, aujourd'hui, polémiquent sur cette simple phrase ne font que cracher sur les tombes de tous ces Résistants de la première heure qui ont commencé le Combat.

Pedro Mota 2017