Brèves de la rédaction

Certains n’hésitent même pas à dire que, bien au contraire, c’est la rue qui a fait la montée du nazisme et de ce raccourci nulle indignation, car il a son utilité idéologique. Non seulement il exonère les banquiers et les industriels de leur immense responsabilité dans cette prise de pouvoir, mais il a surtout pour effet immédiat de décrédibiliser toute contestation sociale de rue…

Le « gloubiboulga » qui leur sert de discours est une recette bien au point.

Et pourtant oui, c’est la rue qui délivrera Paris des nazis et c’est le général de Gaulle qui lui rendra hommage dans une de ses phrases les plus célèbres : « Nous sommes ici. Nous sommes ici chez nous dans Paris levé […] Paris, Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré ! Libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière : c'est-à-dire de la France qui se bat. C'est-à-dire de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle. »

En réalité il n’y a aucun débat, aucune indignité, aucune faute dans les propos de Jean-Luc Mélenchon, oui c’est la rue qui a fait tomber les rois, la rue qui a combattu les nazis, la rue qui a protégé la République contre les félons, c’est la rue qui a résisté à Juppé… C’est la rue.

La rue n’a pas toujours raison, car c’est aussi la rue qui a fait reculer le grand projet d'éducation laïque du gouvernement Mauroy en 1984. La rue n’a pas toujours raison, mais la rue fait partie de la démocratie.

Mais de cela les journagandistes indignes n’en souffleront mot. Aucun frisson ne les parcours lorsque le président Macron affirme que la rue n’est pas la démocratie.

C’est pourtant à cela, entre autres, que Jean-Luc Mélenchon répondait ce samedi.

Mais vous n’en saurez rien, pas plus que vous ne connaîtrez son appel à l'unité pour les prochaines mobilisations. Vous n’entendrez pas un de ses mots sur les 36 0000 enfants sans toits, vous entendrez pas un mot sur la terreur des emplois aidés supprimés.

De la présence de militants sud, cgt, fo, cnt, tout au long du cortège du 23 septembre vous n’entendrez quick, rien sur la présence chaleureuse de socialistes insoumis, de Marie Georges Buffet, de Sergio Coronado et de tant d’autres, unis dans l’action commune.

D’ailleurs, les propos de Jean-Luc Mélenchon étaient tellement insupportables que, de fil en aiguille, vous n’entendez rien non plus de la foule dense et compacte… C’est évidemment un échec comme le dit l’excellent Mr Barbier.

Non, ils ne parlent que de leur indignation feinte, pour détourner, enfumer, distraire du véritable sens de ses propos.

Savent-ils que le journalisme sincère concourt, lui aussi, de la démocratie ?

Le savent-ils, l’ont-ils su, se ressaisiront-ils ?

Le journagandisme est indigne des démocraties !

La dignité des démocraties, c’est le vote, l’information et … la rue.

Alain Bousquet