école du jardin planétaire

Bon d’accord, mon surnom ne fait pas rêver. « Herbe aux verrues », il y a mieux comme dénomination… Appelez-moi plutôt « Grande chélidoine ».

Pour ce qui est de la poésie, plutôt absente de ce début de chronique, sachez que je fleuris quand les hirondelles reviennent et que je fane quand elles repartent. Les scientifiques diront que ce n’est pas systématique, mais l’image est belle. Pour continuer avec les hirondelles, il se dit également que celles-ci m’utilisent pour ouvrir les yeux de leurs petits. Ne vous tortillez pas sur vos chaises, l’image, encore, est plutôt jolie. Au moyen-âge, on m’a pris pour une plante magique, certains disaient même que j’étais capable de transformer les métaux de mauvaise qualité en or. Même si ce n’est pas vrai, la couleur de mon suc jaune orangé en est sûrement le fondement. Il est en revanche certain que grâce à lui, les enfants peuvent faire de jolis dessins. Mais attention, ingéré sans être dilué il est toxique ! Revenons-en à mon surnom, si on m’appelle « herbe aux verrues » ce n’est pas à cause de mes propriétés picturales… Une application chaque jour sur les zones incriminées les fera disparaître de manière radicale. Une petite recette pour finir ?

Si vous avez des problèmes de digestion, laissez reposer dix minutes une cuillerée et demie de mes feuilles sèches dans un litre d'eau et prenez trois tasses par jour en dehors des repas. Je vous dirai bien que ceci vous empêchera de vous faire de la bile, mais en fait ça en favorisera la production…

Tu y penseras lorsque tu croiseras mes fleurs jaunes au gré de ton chemin...

Fabien Negrello
Photo: Amandine Chabot