école du jardin planétaire

Salut l’ami ! Tu me connais sûrement, mais je vais me présenter quand même. Je suis le pissenlit. Personnellement, je préfère être appelé dent de lion, des dents de lion que rappellent la forme courbée de mes feuilles. Certains Franc-Comtois me nomment Cramaillot, bref ce ne sont pas les appellations qui manquent !

Comme le disait Brassens, je pousse en liberté dans les jardins mal fréquentés. Je fais partie de ces plantes que l’on appelle les indésirables… J’ai une fâcheuse tendance à pousser sur les trottoirs de ta ville. Ma présence est pourtant le signe, que la nature est là, dans chaque interstice qui lézarde le béton, au gré de l’arrivée d’une de mes graines portées par le vent. Ce n’est pas tout, tu peux me consommer. Ma fleur est l’ingrédient central du vin de pissenlit. Mes feuilles, juste poussées, sont délicieuses en salade. Enfin, même si me manger par la racine n’est pas forcément bon signe, ces fameuses racines peuvent servir à faire du café…

Que te dire de plus l’ami ? Que mon nom, pisse-en-lit, n’est pas dû au hasard. Au-delà de mes bienfaits pour le foie, je peux te servir à éliminer les toxines… Comme tu es désormais convaincu, saches que tu n’es pas le seul qui profites de mes vertus. En effet, dans le sud-est de la France, j’ai mon propre fan, le sphynx du pissenlit, un papillon de nuit dont la chenille se nourrit de moi.

Pour terminer, je vais te confier un de mes petits plaisirs… Sur une pelouse gazonnée, déprimante d’uniformité, j’aime faire apparaître ma belle couleur jaune pour rappeler au jardinier, qu’à la fin, c’est moi qui gagne !

Fabien Negrello
Photo: Amandine Chabot