école du jardin planétaire

Je suis la terreur des jardins, celui qui vous dégoûte, celui qui s’en vient dévorer vos salades… Je suis un animal sauvage impitoyable, je suis l’escargot. En observant la photo qui illustre cette humble chronique, vous ferez connaissance avec l’escargot de Bourgogne. Celui-là vous l’aimez bien car vous le mangez ! Mais dès qu’on s’attaque à vos salades, c’est finit l’amour !

Nous connaissez-vous vraiment ? Savez-vous que nous sommes des mollusques, les seuls d’entre-nous, avec les limaces, à être capables de respirer de l’oxygène contenu dans l’air. Nous y arrivons grâce à un petit trou situé sous notre coquille appelé le pneumostome.

Savez-vous que nous avons entre 3000 et 4000 dents ? Celles-ci sont sur notre langue et forment le radula. Pour vous représenter un radula, imaginez une rappe à fromage.

Nous sommes des animaux malchanceux. Comme technique de défense, inutile de vous dire que la fuite n’est pas envisageable du fait de notre lenteur. Certes, nous avons une coquille, mais celle-ci peut être brisée par bon nombre de nos bourreaux. Notre seul moyen pour nous défendre est de nous mettre à baver le plus possible afin de paraître dégoûtant… Ainsi, chaque fois que vous entendez quelqu’un dire : Beurk, c’est moche un escargot, c’est une victoire pour moi !

Je suis hermaphrodite et me reproduis uniquement avec des congénères de la même espèce. Une fois l’accouplement terminé chacun repartira avec des œufs, qu’il ira pondre sous terre. Nous laissons ensuite les œufs, seuls. Et oui, un escargot doit apprendre à se nourrir et à se protéger par ses propres moyens. Personne ne nous montre comment faire, autant vous dire que nous en bavons pas mal pour survivre…

Quand l’hiver s’en vient, nous creusons un trou, nous nous mettons dedans et fabriquons une capsule pour refermer notre coquille, afin de nous protéger de la déshydratation. Dès que les températures remontent, c’est reparti, nous reprenons notre cycle.

Je parie que si vous lisez cet article c’est pour savoir comment éviter que je fasse des ravages sur vos salades… La meilleure solution est de favoriser la présence de mes prédateurs qui sont nombreux : invitez crapauds, hérissons, chouettes, renard, orvets, scarabées… Ce ne sont pas les prétendants qui manquent, je suis à la base de la chaîne alimentaire. En résumé, si vos salades souffrent de ma présence, c’est qu’il n’y a pas d’équilibre naturel dans votre jardin. Sachant que votre objectif ne doit pas être « zéro perte » en matière de récolte, il est normal que la nature prenne sa part. Vous prenez bien la vôtre. Et nous en faisons tous partie. C’est un ensemble qui doit permettre à chacun de vivre en harmonie.

Fabien Negrello
Photo: Amandine Chabot