école du jardin planétaire

Tu as regardé la photo ? Je suis sûr que tu me connais. Je suis le plantain, je fais partie d’une grande famille de plus de deux cents espèces. Ah, il est loin ce temps où j’étais considéré comme une plante médicinale…

Cette réputation m’a suivi jusqu’au début du vingtième siècle avant que je rejoigne la liste des mauvaises herbes, celles que l’on arrache, que l’on brûle ou que l’on empoisonne… Et pourtant, je suis présente partout dans le monde, j’ai même réussi à coloniser l’Amérique du nord avec mes graines emmenées sous les bottes des colons. Les amérindiens m’appelaient d’ailleurs « pied de blanc » parce que je m’installais au passage de ces derniers.

En plus de me nommer ainsi, ils m’ont vite intégré dans leurs usages médicinaux. J’ai la faculté de pousser sur les chemins, les lieux de passage et le piétinement favorise ma pousse. Ce n’est cependant pas une raison pour me sauter dessus à pieds joints !

Je peux te rendre bien des services. Si tu as un petit creux, j’ai un goût qui ressemble à celui des champignons, je peux par exemple être cuisiné comme des épinards ou mixé avec d’autres légumes, pour des soupes originales et dont le goût te surprendra. Mes fleurs peuvent être incorporées à une pâte à beignet et frites à la poêle. Dans une pâte à pain, ce sont mes graines qui, une fois moulues, enchanteront tes papilles.

Je suis aussi la base de différentes préparations, en décoction par exemple, qui soulageront ta toux et stimuleront ton transit. Je suis aussi d’un grand secours si tu te fais piquer par une ortie, une abeille ou une guêpe : écrase quelques-unes de mes feuilles entre tes doigts et frotte la zone touchée. Ma sève apaisera ta douleur, et je ne doute pas que par la suite tu y réfléchiras à deux fois avant de me faire disparaître de ton jardin.

Tu rejoindras ainsi tous ceux qui profitent de mes vertus : les oiseaux, et aussi quelques espèces de papillons. Enfin pour finir, tu peux voir que je suis assez commune et que tu me trouves facilement. Pas besoin que tu te dises « le plantain, j’en plante un ! », je suis déjà dans tes pas.

Fabien Negrello
Photo: Amandine Chabot