école du jardin planétaire

D’abord il faut que je vous dise, je suis chassé toute l’année, de jour comme de nuit. Quand j’ai mes petits on vient me chercher jusque dans mon terrier. Je me fais aussi piéger par des collets où je vais agoniser durant de longues heures. L’année dernière, ce sont 500 000 renards qui se sont fait tuer…

Même si je suis considéré comme un « nuisible » dans 90 départements, je n’aurai de cesse d’arpenter les campagnes et les villes. Je suis un animal opportuniste, il est vrai que je peux manger des poules, mais tu n’as qu’à mieux protéger ton poulailler ! Je vais chercher la plupart du temps à trouver ma nourriture en me fatiguant le moins possible ; je me nourris de petits mammifères, mais également d’insectes et de fruits. Comme je n’aime pas me fatiguer, je n’hésite pas à cohabiter avec le blaireau. Ce dernier est un formidable terrassier qui tient ses galeries au propre. Une fois que le terrier est fait je n’ai plus qu’à m’installer. Il arrive toutefois que mon hôte quitte les lieux, car contrairement à lui, je laisse des restes de nourriture un peu partout, ce qui insupporte. Pour marquer mon territoire, j’aime faire mes crottes bien en vue, l’idéal c’est une pierre au milieu d’un chemin, te dire que je suis là sans jamais te laisser me voir…

Ceux d’entre vous qui ont eu la chance de me voir dans la nature, d’avoir croisé mon regard, s’en rappellent encore, et je ne vous parle pas du bonheur que c’est que de pouvoir observer mes jeunes jouer dans la nature, libres, à découvrir le monde.

Fabien Negrello
Photo: Amandine Chabot