Europe

Chacun.e le sait, notamment depuis le Traité de Lisbonne adopté contre l’avis populaire (referendum de 2005), l’Union Européenne ne s’embarrasse pas de démocratie.

Et ce sera encore le cas avec le Traité CETA de libre-échange entre l’UE et le Canada.

Signé le 30 octobre 2016 par les chefs d’états européens, ratifié le 15 février 2017 par le Parlement européen, sans possibilité pour les parlementaires de modifier le texte et sans tenir compte des oppositions -légitimes- qui s’expriment partout dans l’UE, ce traité doit encore recevoir l’assentiment des 38 parlements nationaux et régionaux pour s'appliquer définitivement.

Une procédure longue et fastidieuse qui est loin d'aller de soi tant de nombreuses dispositions sont controversées dans plusieurs états européens.

Dés lors, pas question de s'encombrer de démocratie et de perdre un temps précieux, les rédacteurs du CETA y ont veillé.

C'est donc en vertu de l'article 30.7 dudit traité que les mesures relevant uniquement de la compétence de l'UE, soit 95 % du texte largement soutenu par les lobbies financiers et industriels, peuvent s'appliquer de façon "provisoire", sans attendre le vote des parlements nationaux et régionaux.

Voilà pourquoi le Premier ministre canadien Justin Trudeau et le Président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker, ce « grand démocrate » pour qui « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens », ont décidé de ne pas attendre que les représentations nationales s’expriment.

Les représentations nationales ? Quésaco ? La démocratie ? Pour quoi faire ?

Le Traité CETA, dans sa grande majorité, sera donc appliqué « provisoirement » -non, non, vous ne rêvez pas-, à partir du 21 septembre prochain !

En attendant le vote des parlements nationaux et régionaux, qui sont encore en mesure de stopper l'application "provisoire" et de rejeter le CETA, l’opposition à ce traité dangereux existe et nous pouvons l’accentuer encore.

Actions des collectifs, sollicitation des élu.e.s, élections européennes, régionales et municipales, sont autant d’occasions qui vous sont données de refuser le Traité CETA. Ne les ratez pas !

Laure Zudas