France

Pour exprimer leur refus des ordonnances sur la réforme du code du travail, il était 16 000 (selon les syndicats) à défiler dans les rues de Toulouse. Détermination et slogans à foison étaient au rendez vous.
"De quel droit ordonnez-vous ? En démocratie on légifère !" "Nous ne sommes rien, soyons tout"

Bénédicte me confie son constat des premiers mois de Macron à l’Élysée, "Il se présentait comme le candidat du changement. Mais en quelques mois, il a fait pire que d'autre en plus de deux ans. En effet ça change mais en pire. L'écart continue à se creuser". Elle a 21 ans et est en formation d’assistante sociale. "Je sais que quoi je parle dans le social, on a de moins en moins de moyen alors que les gens on de plus en plus besoin de nous".

Isabelle, 48 ans, secrétaire médicale au CHU de Toulouse a pris des heures de congés pour être là. "Parce que financièrement c'est pas trop çà, je peux pas me permettre de faire grève mais je devais être là. Je suis contre les ordonnances. Je soutiens la CGT".
Eric lui est chef d'entreprise "Cette loi travail va déséquilibrer encore plus le rapport de force entre employeur et salarié. Ça va mettre une ambiance qui va écrouler la production".

On note une certaine indignation dans la foule. Un jeune homme arbore une pancarte en reprenant les termes d'un discours du Président Macron. Il ironise : "Je suis fainéant, cynique, extrémiste et fier de l'être".
Nadine, une agent de la poste s'indigne "on nous en demande toujours plus et en plus on nous culpabilise. On va vers la catastrophe !".

Au delà de la protestation, les manifestants sont venus réclamer du respect. Pour leurs conditions de travail. Et aussi pour leur condition de citoyen.
"Vos insultes sont nos médailles."

Ninon GILLET