France

250... Deux cent cinquante personnes qui bloquent quelques heures les Champs Elysées, assises sur des bottes de paille, c'est tout ce qu'il faut pour faire bouger un ministre sous l'ère Macron !

Oui, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a fait ce matin le déplacement sur les Champs Elysées pour rassurer 250 agriculteurs mobilisés par la FDSEA, très inquiets -les pauvres- de ne plus pouvoir -un jour, peut-être- utiliser du glyphosate.

Le glyphosate, vous savez ? Cette moclécule, utilisée comme herbicide, dont le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui est une extension de l’agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), considère qu'elle est génotoxique (dangereuse pour l’ADN), cancérogène pour les animaux de laboratoire et « probablement cancérogène » pour l’homme (avis, évidemment, non contraignant).

Avec environ 825 000 tonnes (en 2014), c'est désormais la molécule la plus utilisée dans la monde comme herbicide ! Voilà un chiffre qui permet de comprendre que le renouvellement de son autorisation est un enjeu mondial majeur pour les grandes firmes qui la commercialisent (dont Monsanto avec son Roundup).

Aussi, la bataille de l'information (?) fait rage. L'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) considère qu'il n'y a pas de raisons de classer l'herbicide comme cancérogène, des ONG de protection de l'environnement reprochent à l'ECHA d'avoir rejeté « des preuves scientifiques flagrantes de cancers chez les animaux de laboratoires », ou encore de se baser « sur des études non publiques commandées par des producteurs de glyphosate », tandis que les conclusions défavorables au glyphosate émanant du CIRC sont désormais attaquées de toute part.

Alors que L'union européenne examinera, le 4 octobre prochain, le renouvellement de son autorisation pour 10 ans, que le ministre Hulot s'est engagé à ce que la France vote contre, ce matin, la FDSEA monte au créneau avec 250 personnes et quelques bottes de paille et la présidence de la République assure dans la foulée que "le glyphosate ne sera pas interdit demain, mais qu'il faudra trouver rapidement des alternatives."

Il y a quand même une bonne nouvelle à tirer de tout cela. De cette mini mobilisation réussie de la FNSEA ce matin, on comprend qu'il suffit de 250 personnes pour faire reculer le gouvernement sur un sujet aussi important que la santé publique.

On peut donc raisonnablement espérer que les 500 000 manifestants présents dans la rue le 12 septembre, que les milliers d'autres qui ont défilé le 21 septembre, que toutes celles et ceux qui seront encore demain, le 23 Septembre, dans la rue à l'appel de La France insoumise contre le coup d'état social, et tous les autres qui vont y aller encore les jours suivant seront écoutés et entendus. Non ?

A moins que cela soit une affaire de bottes de paille ? Qu'à cela ne tienne, on les amène ! Chiche ?

Laure Zudas