Radicalités concrètes

Dans la série des Grand Projets Inutiles Imposés (GPII), demandez le GCO. Le Grand Contournement Ouest, est un vieux serpent de mer dans la vie politique Strasbourgeoise et Bas-Rhin. Après avoir été abandonné à plusieurs reprises, ce projet de contournement de la ville de Strasbourg a refait surface en 2013 dans le cadre de la politique de relance du gouvernement.

Plutôt que de miser sur des projets de développement des modes de transports en commun, du ferroutage (transport de marchandise sur les trains), les socialistes ont donc préféré déterrer un projet datant du début des années 1970. 

Pourtant, le GCO ne réglera pas le problème de la saturation de l’autoroute A35 qui traverse la ville, ni celui de la pollution dans une agglomération qui a connu de nombreux pics de pollution ces derniers mois. En effet, 80% du trafic passant par cette autoroute vient des migrations pendulaires entre le domicile et le travail. On imagine mal quelqu’un travaillant au centre de Strasbourg payer pour contourner la ville ! Surtout qu’aucune sortie n’est prévue pour pouvoir se rendre justement au centre-ville.

En revanche, le GCO entraînera la perte de 300 ha de terres parmi les plus fertiles d’Europe, et coupera en deux le poumon vert à l’ouest de Strasbourg, ce qui ne fera qu’aggraver les problèmes de pollution. Par ailleurs, malgré les promesses des collectivités locales que cela ne coûterait rien aux contribuables, 30 millions d’euros ont déjà été votés par la Région Alsace et le Conseil Général du Bas-Rhin au titre de leur contribution à ce projet. L’ensemble devrait coûter 600 millions d’euros, qui iront dans les poches du groupe privé Vinci, désigné constructeur/concessionnaire du GCO.

Le Grand Contournement Ouest de Strasbourg est donc bien un projet coûteux et inutile. Depuis plus de cinquante ans les opposants - élus locaux, citoyens, associations, agriculteurs - dénoncent ce projet et cherchent à faire entendre leur voix pour développer des solutions moins coûteuses et plus responsables. Depuis 2003, ils sont rassemblés au sein du collectif "GCO Non Merci", et mènent de nombreuses actions pacifiques, comme le festival du Bischnoï, figure indienne pacifique, qui a rassemblé plus de 300 personnes en avril dernier. Le printemps et l'été se sont succédé au rythme des marches reliant les différentes cabanes construites sur le tracé du projet. Depuis quelque semaine, une Zone A Défendre (ZAD) a été créée près du moulin de Kolbsheim, et la mobilisation de cesse de croître.

Pour plus d’info et pour soutenir le collectif : https://gcononmerci.org

Boris Mo