Radicalités concrètes

Le chauffage, c'est 10% des achats d'énergie pour 13% des ménages français. Le froid touche plus d'un foyer modeste sur cinq. Il y a urgence à baisser le coût de la vie en ville !

Une nouvelle technique pour un droit nouveau ! Le droit à la ville, c'est assurer à chacun les possibilités de se loger, d'habiter, de vivre à des conditions financières abordables. La géothermie en régie publique de chauffage le permet.

Aujourd'hui, en zone urbaine, le chauffage est assuré principalement par le gaz, importé de Russie et d'Algérie, et en second lieu par l'électricité, dont plus de 70 % est de source nucléaire. Dans les deux cas les prix augmentent, du fait des investissements dans l'atome, et de la volatilité du prix du gaz, indexé sur celui du pétrole, et de l'amenuisement des ressources fossiles. La baisse de l'offre, couplée à la hausse de la demande, explique sa cherté croissante. Ces dix dernières années, le prix du gaz a augmenté de 85 %, celui de l'électricité de 25 %. En Ile de France, les émissions de CO2 s'élèvent à 32 millions de tonnes équivalent carbone par an. Un quart d'entre elles sont dues au bâtiment.

Les pouvoirs publics font donc face à un triple objectif : réduire la dépendance énergétique au nucléaire et au gaz étranger, endiguer une hausse des prix sans pareille et diminuer les émissions de CO2 afin de retrouver un air dépollué et de lutter contre la destruction de la couche d'ozone, participant au dérèglement climatique.

Une fois de plus, une réponse locale est possible ! La géothermie en régie publique municipale est un des outils au service de la planification écologique ! Cette énergie renouvelable, inépuisable et sans impact sur l'effet de serre utilise la chaleur de la terre. Sa technique consiste à aller chercher l'eau chaude dans le sous-sol, puis la transformer en électricité ou l'utiliser pour le chauffage des bâtiments. La centrale géothermique, connectée à un foret en doublet, pompe cette eau et la distribue dans les quartiers d'habitat collectif via des réseaux de tuyaux en pleine terre. Des sous-stations alimentent ensuite en chaleur et en eau chaude chaque logement. Si le réseau de chaleur n'est pas entièrement géothermique, mais est probablement l'objet d'un mix-énergétique, il permettra tout de même de concrétiser les principes du droit à la ville et de la planification écologique.

Certains l'ont d'ailleurs déjà compris, puisqu'il existe 35 installations géothermiques en région parisienne, chauffant 150 000 équivalents logement. Elles évitent le rejet de 340 000 tonnes de CO2, soit la pollution de 125 000 voitures.

Quels sont avantages de la géothermie ?

  • Economique d'abord. En limitant la dépendance au gaz, la géothermie réduit les coûts d'approvisionnement en énergie. Production locale et gratuite, elle assure un coût constant de l'énergie et donc un prix fixe dans le mix-énergétique. En effet, les revenus qui en sont tirés servent à couvrir uniquement les dépenses d'investissement , d'entretien et d'exploitation.
  • Environnemental ensuite. Propre, durable et inépuisable, cette énergie participe de la sortie du tout fossile (gaz, pétrole, charbon). Elle est un acte en faveur de l'indépendance énergétique et de la protection de l'environnement. La preuve ? Grigny réduira de 70 % ses rejets de CO2.
  • Social toujours ! La géothermie bénéficie aux quartiers de logement en copropriété, où les classes populaires résident souvent. La facture est moins salée, grâce à une baisse de charges de 30%. De plus, les habitants ne seront plus impactés par la hausse des prix, dues notamment au paiement des droits à polluer des grandes entreprises, dans le cadre du marché européen du carbone.

Quelles actions concrètes?

  • Réaliser des études de faisabilité par des bureaux d'études thermiques.
  • Faire valider le projet par les études et l'assemblée délibérante.
  • Acheter des terrains pour la construction d'un ou de plusieurs puits géothermique.
  • Lancer une triple étude (technique de sous-sol et de surface, juridique, financière) par un syndicat inter-communal.
  • Créer une commission extra-municipale chargée de suivre la mise en œuvre composée d'élus (majorité et opposition), de représentants des co-propriétaires et des locataires.
  • Faire participer les citoyens.
  • Subventions : faire appel au Conseil général, l'ANAH (Agence Nationale Amélioration Logement), le Fonds chaleur, le fonds national de subventionnement de projet de développement d'énergie renouvelable, les fonds européens d'investissement etc...
  • Autres financements : Souscrire à un emprunt qui sera financé par la facturation par les abonnés.