école du jardin planétaire

Vous me voyez très souvent… Et pourtant je suis une des rares lianes qui poussent en Europe. Certains m’imaginent parasite... Que nenni !

Que cette chronique serve à rétablir ma réputation ! En effet, je ne fais pourtant de tort à personne et surtout pas aux arbres. Asseyez-vous, respirez, vous allez comprendre.

Tout d’abord, quand je pousse sur un arbre, je ne me nourris pas de lui, mes ventouses n’ont aucune fonction absorbante. Pour ces fameux arbres que nous aimons tant je suis un organisme mutualiste. Pour ceux qui ne connaissent pas, ça veut dire que c’est une collaboration entre organismes d'espèces différentes. Rien que ça !

Voici des exemples pour que vous compreniez un peu mieux. Ma floraison étant tardive, de septembre à novembre, il n’y a pas de concurrence avec les arbres pour la pollinisation. De plus, ce ne sont pas les oiseaux qui viendront s’en plaindre car mes fruits sortant à la fin de l’hiver sont très utiles à ces amateurs de petites baies, mais par contre elles sont toxiques pour l’homme. Mais je m’écarte du sujet… Je protège aussi les arbres du gel, du feu, et des animaux qui pourraient éventuellement venir endommager leurs écorces. J’empêche aussi l’excès d’humidité et le développement des champignons et des bactéries qui pourraient porter atteinte aux arbres qui m’accueillent.

Je sers aussi de lieu d’hibernation pour le citron - pas le fruit, le papillon, suivez un peu… Je suis aussi utile pour toi : en effet je suis un des principaux dépolluants de l’atmosphère, je décompose notamment le Benzène, le Formaldéhyde et le Trichloréthylène. Les deux derniers sont quand même cancérigènes. On dit aussi souvent de moi que je détruis les murs des maisons, une bonne occasion de m’arroser de désherbant. Pas du tout ! Au contraire, je consolide les murs et suis un bon isolant. Bon d’accord, ne me laissez pas atteindre le toit : curieux de nature, je suis capable se soulever les tuiles… Avant de nous quitter, sachez que vous pouvez m’utiliser pour faire de la lessive. Pour cela, laissez reposer 150 feuilles en décoction pendant 20 minutes dans 2 litres d’eau. Il faudra ensuite broyer la mixture puis laisser macérer quelques heures avant de la filtrer et de l’ajouter à votre eau de lavage. Si vous n’avez pas que des chauves dans votre entourage, vous pouvez aussi leur expliquer comment faire du shampoing grâce à moi : après avoir mixé une trentaine de mes feuilles, les avoir recouvertes d’eau dans une casserole, puis fait bouillir pendant une dizaine de minutes, laissez-les infuser pendant une heure. Vous pouvez ensuite filtrer et ajouter l’huile essentielle de votre choix. Vive le lierre grimpant !

Fabien Negrello
Photo: Amandine Chabot