France

Le Comité de Vigilance pour le maintien des services publics de proximité en Haute-Saône organise à Lure - 70200 - dans un an, du 8 au 10 juin 2018, les 29° Rencontres nationales de la Coordination nationale des Comités de Défense des hôpitaux et maternités de proximité dont le siège et le secrétariat sont à Lure depuis 2006.

Nous avions déjà organisé les 3° Rencontres nationales en 2004, souvenez - vous de la présence de Patrick PELLOUX l'urgentiste. Cette année - là, avec le Comité et la ville de Saint-Affrique dans l'Aveyron (puis d'autres comités), Lure était co-fondateur de la Coordination nationale. Notre Comité qui a assumé la présidence nationale de 2006 à 2013, est toujours très actif en son sein, et conserve le siège national au 1 rue Jean Moulin 70200 LURE.

Une Rencontre nationale permet la réunion de dizaines de comités et d'associations, tous représentés par des délégués.

Le Groupement Hospitalier de Territoire de Haute-Saône est comme partout une nouvelle étape qui sous couvert de mutualisation va forcément procéder aux restructurations, aux regroupements : cela va encore réduire le service public et sans doute amener des privatisations. Des menaces se précisent sur la gestion et certains services de Maisons d'Accueil et de Santé des Personnes Âgées - MASPA. Des lits seraient fermés en gynécologie et en cardiologie-neurologie. Des postes d'ambulanciers semblent également mis en cause. Quand en connaît la fragilité des urgences et le manque de personnel les concernant, et la volonté de toujours réduire SMUR et heures d'ouvertures sur Vesoul (urgences), et Lure ou Luxeuil pour les Accueils de Soins non programmés (Urgences fermées la nuit), on a de quoi être inquiet. Les SMUR sont absolument indispensables dans chaque structure, pour la sécurité, pour l'efficience, pour la diversité des approches sanitaires… La Haute Saône, comme beaucoup trop de territoires, manque cruellement de spécialistes médicaux. La moitié du département est en grande crise à cause du manque de médecins généralistes. Partout les politiques en place vantent la création des Maisons de santé pour attirer les médecins. Notre avis est plus que mitigé face à cet exercice, plus partagé de la santé, car en fait ces maisons libérales ou privées concernent surtout les professionnels en place et ont très peu d'impact sur l'implantation de nouveaux médecins. Pire elles sont en concurrence entre elles pour les rares qui choisissent la Haute Saône ou d'autres territoires défavorisés.

Les Centres de santé, eux publics, embauchant des médecins salariés, sont trop peu développés alors que le choix du salariat est majoritaire chez les jeunes en formation. Tant qu'on ne remettra pas en cause le numérus clausus (quotas de formation) et partiellement la liberté d'installation, nos régions non dotées de CHU ont de gros souci à se faire, autant pour les médecins de territoires que pour remplacer les postes vacants de nos hôpitaux. Nos populations doivent toujours plus se déplacer (non sens écologique et pertes financières), prendre des risques, perdre du temps, tomber sur des services saturés avec files d'attente fréquente... L'inégalité territoriale s'accentue et nos fondements républicains en prennent un sale coup.

philippe Denis