France

A l’occasion de la journée mondiale de l’eau, ce 22 mars, à Lille, à Aubervilliers, à Vannes, à Lyon, à Toulouse et à Marseille, des badauds, à la fois interloqués et amusés, ont assisté à de drôles de mises en scène devant des lieux emblématiques de la gestion privée de l’eau. Quels étranges cortèges, en effet, formés de personnages déguisés en PDG, en gardes du corps, en DRH ou en autres adeptes du tout marché.

Devant le siège de Véolia à Aubervilliers ou à Toulouse, devant Eau Grand Lyon ou devant la Société des Eaux de Marseille Métropole, c’est avec humour et parodie que la France insoumise est venue dénoncer la mainmise des entreprises privées comme Véolia, Suez, Sogedo ou La Saur sur la gestion de l’eau.

La France insoumise est d’ailleurs venue en force pour cette journée de mobilisation puisque de nombreux candidat.e.s LFI aux élections Européennes et député.e.s avaient fait le déplacement : à Aubervilliers, Mathilde Panot, députée insoumise et les candidat.e.s Leïla Chaibi, William Martinet, Laeticia Pison, Pamela Hocini ; les candidat.e.s Benoît Schneckenburger et Gabriel Amard à Lyon en compagnie de Salvatore Prinzi, militant de l’eau pour le mouvement Potere al Popolo ; à Marseille, le candidat Bernard Borgialli et à Vannes les candidat.e.s Serge Buchet et Elisabeth Chavanne.

C’est donc à travers des mises en scènes humoristiques et délibérément provocatrices, que la France insoumise est venue dire : Stop aux factures chères ! Stop aux coupures d’eau !

« S’ils n’ont pas d’eau, qu’ils boivent du champagne ! L’eau c’est pour nos 4*4 ! On veut payer l’eau ! Pas d’eau pour les prolos ! L’océan on s’en fout, on a des piscines chez nous ! A bas la gratuité ! » pouvait-on entendre tonner dans ces défilés carnavalesques. S’en sont suivis des discours de PDG de multinationales de l’eau vantant la privatisation, justifiant leurs salaires exorbitant et présentant l’eau comme une marchandise. Mais c’était sans compter les militant.e.s insoumis.e.s de l’eau venu interrompre ces catéchismes libéraux pour, rappeler que l'eau est un bien commun indispensable à la vie humaine dont personne ne devrait pouvoir s’accaparer, et dénoncer le coût de cette gestion privée.

Car il s’agissait bien de dénoncer la privatisation de la gestion de l’eau à travers les juteuses délégations de service public. C’est ainsi que Veolia a raflé les contrats à Lyon, Toulouse, Marseille, Lille, en petite et grande couronne parisienne. Ces contrats sont emblématiques à plusieurs titres. Ils reflètent la stratégie des multinationales de l’eau : maximisation des profits tout en minimisant leurs dépenses et leurs investissements dans les réseaux. Leurs cibles premières sont donc les grandes villes et les agglomérations, c’est-à-dire les réseaux courts et denses.

Mais le choix de la délégation de service public opéré par ces collectivités, ne s’est pas fait sans une résistance citoyenne forte. Partout en France, des collectifs citoyens s’engagent afin de défendre la gestion publique et citoyenne de l’eau. Nous inscrivons notre démarche dans ce mouvement de lutte et dénonçons la propagande des multinationales qui voudraient nous faire croire que le modèle dominant est celui de la gestion privée. Aujourd’hui, les opérateurs privés de l’eau ne détiennent que 6 300 (contre 12 000 il y a 10 ans) des 32 000 contrats de services de l’eau et de l’assainissement. Un chiffre en baisse grâce aux luttes citoyennes. 24 000, c’est-à-dire les deux tiers des services des eaux et assainissements en France sont donc dans le cadre d’une gestion publique.

Le modèle dominant en terme de service sur le territoire, contrairement donc à ce que raconte la propagande des opérateurs privés et des élu.e.s peu audacieux, est bien le modèle public de la Régie directe et historique et non celui des multinationales. Alors armés de nos déguisements et de nos slogans décalés, nous voulions dénoncer une nouvelle fois les dangers qui menacent l’eau et rappeler nos propositions afin de mieux la protéger et la partager.

3 jours sans eau et nous sommes morts. Alors citoyennes, citoyens, faisons reculer les gestions privées de l’eau. Participons à des collectifs, décryptons les pratiques des multinationales, écrivons des lois et des directives européennes avec des députés nationaux et européens incorruptibles. Soutenons des têtes dures. Ne déléguons plus aux capitulards et aux dégonflés le soin de nous représenter.

Que Vive l’eau bien Commun !

Que vive l’Humanité !

Séverine Véziès