Vie Insoumise et contres pouvoirs

Marie-Hélène et Anne-Lise, mère et fille, véganes et insoumises, se lancent dans une aventure d’avant-garde : dédier tout un espace au véganisme et au bien-être. Il s’agit de répondre à un besoin repéré chez les végan.es : trouver des produits végans et sains sans avoir à courir partout. Le journal les a rencontrées.

Le JI : Comment est née l’idée?

Anne-Lise : Par une prise de conscience lors de tractages militants en faveur de la cause animale. Les personnes ont souvent des représentations négatives sur ce type d’alimentation, ou ne savent pas où et comment changer leur alimentation malgré leur envie. Nous avons souhaité simplifier les choses pour tout le monde! Convaincus et novices. A cela s’ajoute des passions comme le massage bien-être, un coin tisanerie et lecture.

Le JI : Ça ressemble à quoi « Veggie sur Mars » ?

AL : Les végan.e.s ne sont plus vu.e.s aujourd’hui comme des extra–terrestres, de nombreuses actions dénonçant la barbarie et l’exploitation subies par les animaux, et la prise de conscience de l’urgence climatique ont contribué à déconstruire cette image qui nous a longtemps collé à la peau.
Imaginez une invasion de végan.e.s sur la ville de Marseille que les Marseillais ont coutume d’appeler « Mars » : VEGGIE SUR MARS… c’était trop tentant.
Plus sérieusement, la boutique sera composée d’une épicerie de produits végans tels que, similis carnés, fromages végétaux, légumineuses, pâtisseries, cosmétiques ; d’un coin tisanerie et lecture avec vente de boissons et de biscuits végans et un accès à un large choix de livres ; d’un espace massage où je proposerai différents types de massages issus des quatre coins du monde, pour le plaisir d’une bulle en apesanteur !
Nous tenons à privilégier des produits bio, du vrac et des produits locaux, français ou de pays très proches et plus avancés sur la question du véganisme… L’idée est de réduire au maximum l’empreinte carbone. Des projets prendrons forme au fur et à mesure, tel qu’un partenariat avec des associations de maraudes, pour permettre aux personnes les plus précaires d’avoir accès à l’alimentation végétale.

Le JI : Plus qu’un commerce c’est un message ?

AL : Notre voulons contribuer à un monde plus juste et plus éthique, pour toutes et tous, animaux humains et non humains. La défense de la cause animale reste notre priorité. Nous voulons démystifier les représentations sur le végétalisme. Nous sommes, pour la majorité, de grand.e.s gourmandes et gourmands, et c’est un vrai bonheur de pouvoir partager le plaisir gustatif sans souffrance faite à autrui.
Et puis, n’oublions pas que l’élevage est responsable dans le monde de plus de 50 % des gaz à effet de serre. Permettre à chacun.e de baisser sa consommation de protéines carnées, c’est participer à préserver la planète et au-delà la survie de notre espèce.

Le JI : Tu parlais des maraudes, mais encore ?

AL : Dès que nous serons bien installées et que le commerce prendra son rythme, nous mettrons en place des paniers solidaires. Les personnes pourront contribuer à remplir un panier et nous y ajouterons quelques produits.

Le JI : Pour toi cette aventure est une reconversion professionnelle ?

AL : C’est une continuité de vie et d’engagements. J’ai toujours donné du sens à mon travail. J’ai été pendant 10 ans travailleuse sociale de terrain. Maintenant une autre urgence est aussi à prendre en considération, l’urgence climatique. Tout ce que l’on tente de construire et d’impulser auprès des personnes peut être totalement anéanti, si nous laissons notre monde s’éteindre.
Nous voulons aider l’opinion publique à comprendre les enjeux écologiques et planétaires, mais aussi de luttes contre toutes les formes de discrimination. La question du spécisme en fait partie. Ouvrir la question du droit animal dans la sphère de considération sociale est pour moi majeur.
Dans le cadre de mon emploi, j’étais restreinte, les lobbies courent, même dans les PMI ! Ma seule marge de manœuvre c’était de créer cet espace.
Si j’ouvre ce magasin avec ma maman, c’est qu’elle m’a transmis ces valeurs et les valeurs du militantisme. Elle était d’ailleurs candidate aux côtés de Bernard Borgialli en tant que suppléante aux législatives de la France Insoumise.

Le JI : As-tu une idée de la date d’ouverture de VEGGIE SUR MARS ?

AL : Le local est enfin trouvé. Quelques travaux, de l’aménagement, la commande chez les fournisseurs … Notre jolie météorite sera normalement prête avant les fêtes de fin d’année.
Pour la santé, pour la planète, pour l’Humanité et pour ceux qui ne peuvent lutter sans nous contre la barbarie qui leur est imposée : les animaux. VEGGIE SUR MARS